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This page is available in English Traduit en français par Rachel Gibbs Relieuse libre et en spiralesElle se définit confectionneuse professionnelle ; auparavant tisserande pour Henry Moore, Helen Gibbs nous dévoile sa passion de créer des livres admirables et l'origine de cette découverte apparue en Australie.
Pour être plus explicite, elle est relieuse de livres, mais le titre est un peu plat pour une personne qui crée des livres, avec l’environnement naturel, et qui représentent des oeuvres d’art stupéfiantes. Ces livres doivent être vu, senti, flairé et peuvent occasionnellement être lu.
Son atelier, situé sur la rue The Drive, à Hove, se distingue par une grande fenêtre en saillie, disposant de vues d’arbres. Des seaux, des blouses, des blocs et un cabinet principal d’imprimerie évoquent la naissance progressive des livres et non pas leur fabrication en cinq minutes. A vrai dire, le procédé de fabrication ne se met effectivement en place que lorsque le livre est achevé car il dispose encore de sa qualité brute et organique - il fait toujours à moitié partie de la nature. Pourtant, la reliure est la seconde corde à son arc. Elle s’est tout d’abord exercée au métier de tisserand de tapisseries à West Dean, une université spécialisée près de Chichester. Le dernier propriétaire à la maison West Dean, l’excentrique Edward James, "un type mondain" fut le protecteur des arts de Salvador Dali. Le canapé de l’artiste en forme des lèvres de Mae West avait toujours résidé à l’université avant d’être conduit au musée de Brighton. "Dès qu’Edward James avait besoin d’un peu d’argent liquide, il vendait un Dali." " Il existe toujours dans la maison le sous-entendu de "pièce centrale" qui maintient bien les légendes de son histoire exotique. Helen a réussi son diplôme en tissage de tapisseries à Edinburgh College of Art (l’université de l’Art à Edimburg). En 1984, elle occupa le poste à West Dean Tapestry Studio (du Studio de Tapisserie, à West Dean) et joignit une petite équipe de tisserands. Ces derniers confectionnaient des tapisseries provenant d’une sélection des croquis d’Henry Moore (certainement mieux connu pour ses sculptures de femmes en forme de missiles ?). Le studio est renommé grâce à une trentaine d’interprétations de ses croquis. "Henry se montrait intéressé par le travail mais il ne grimpait pas à bord du métier à tisser !" Elle a également visité sa grange aménagée, dans les régions sauvages d’Hertfordshire où beaucoup de ses tapisseries y sont maintenant suspendues. "Tous ses moutons doux et paisibles partout me donnaient l'impression de me promener autour de l’une de ses collections d'oeuvres." expliquait-elle. Un an plus tard, Helen quitta Chichester pour se rendre à un vrai retour au sauvage : en Australie. "C’était mon rêve d’enfance, à l’âge de six ans... parce que c’est le plus loin que vous puissiez aller. En fait, l’Australie toute entière représente une tapisserie vivante et flamboyante, pittoresque et colorée. C’est un endroit formidable... un peu étrange... J’ai appris qu’ici (la Grande-Bretagne), c’était chez moi. J’ai fini par avoir très envie de cette terre - ce voyage m’a donné le sens de mes origines." "Il y a une apathie dans ce pays que je sentais ne pas exister en Australie." "Il y avait l’état d’esprit là-bas tel que si vous aviez une idée, vous pouviez la réaliser. Par contre, ici, vous devez vous procurer le bon papier ou le permis conforme. Il y a une apathie dans ce pays que je sentais ne pas exister en Australie." Comment ça ? "Sans doute à cause que leur ciel est plus grand. Ils n’ont pas la même histoire ou les mêmes attitudes vis-à-vis des classes sociales - ils embrassent la culture de leur art." "Je suis allée à Melbourne, à l’âge d’or des années 80, à Victoria Tapestry Workshop (à l’Atelier de Tapisseries de Victoria) et j’ai travaillé avec 25 tisserands à d’importantes commissions pour des banques et des sociétés commerciales." Malgré la qualité de la main d’oeuvre recherchée, elle n’avait pas le sentiment de participer à un métier artisanal d’époque médiévale. "Techniquement, c’était simplement quelque chose que je pouvais faire. J’étais plus particulièrement intéressée à bénéficier de l’expérience de textures différentes et de la richesse des couleurs propres aux textiles. J’ai été séduite par la structure de la tapisserie - l'ourdissage solide et solennel ; le squelette à envelopper et enfin, lier les fils de vie. C’était quelque chose de très intime à réaliser, tout en travaillant les uns à côté des autres, pendant un an. Mais, pour répondre à votre question, j’ai plus le sentiment de tradition avec la reliure des livres qu’avec le tissage." Au printemps 1986, elle revint en Grande-Bretagne. Il n’y avait plus de feuilles sur les arbres et tout semblait morne. Helen s’engagea pour son dernier emploi en tapisserie. Elle devait travailler sur une création de Marta Rogoyska. "Certes, cet emploi me permettait de payer les factures mais je n’étais pas très enthousiaste." "Je me passionnais à me mêler au mystère d’un livre" A cette période, Helen devint agitée en raison de la cadence lente à laquelle évoluait la tapisserie, le genre de travail qu’on lui avait attribué et parce qu’elle ne pouvait exprimer ses propres idées. Elle remarqua quelques exemples de papiers marbrés sur la couverture de Craft magazine (magazine des métiers artisanaux, artistiques) - aux couleurs vibrantes de turquoise et d’orange, enchevêtrées dans des rythmes raffinés. "J’ai suivi un cours sur le papier de décoration et diposait d’une grande quantité de papier marbrés. Quelqu’un a suggéré que je devrais concevoir la reliure des livres alors j’ai utilisé ce papier pour produire les livres. Il ne m’était encore jamais venu à l’esprit qu’il était également possible de fabriquer le livre. Je me passionnais à me mêler au mystère de cette découverte." Elle remarqua fortuitement une offre d'emploi pour un projet de rénovation de livres - "Ca a changé ma vie." Elle a donc décidé de s’inscrire au (maintenant révolu) Certificate in Bookbinding course (la formation des Reliures de Livres) à Brighton Polytechnic (à l’université technique de Brighton). Actuellement, elle est installée à Brighton, un endroit qui lui a permis de progresser et de bénéficier de l’assistance reconnaissante d’intéressés dont elle a besoin pour améliorer son travail. A présent, elle s’est engagée à donner naissance à d’autres livres et à créer des idées pour le concours du Livre d’Art, à l’Université de Brighton, en mai. "Je travaille pour moi-même et je développe mes propres idées par l’intermédiaire des expositions. Le coût de travail réalisé inclu le travail avec les photographes Archers à St James’s Street, à Kemptown. Nous élaborons les albums de mariage. Vous pouvez habituellement apercevoir le travail que nous réalisons, à travers la vitrine." Elle traite également avec des spécialistes en reliures de livres lors de conférences. Ces dernières années, on a assisté à un intérêt croissant en faveur du "livre d’artiste", ou l’art dans la forme du livre. Dans ce domaine, elle travaille en tant que créatrice de livres, élabore le livre correspondant au mieux à l’intention de l’artiste et conçoit le travail d’art d’intérieur. Elle a collaboré sur le livre de l'artiste Marion Charles du Fiveways Artists Group, une muraliste dont les dessins à grandes dimensions, sont astucieusement transposés dans le livre pliant d’Helen. Mais la plus grande exposition locale des livres fait à la main, a lieu au Royal Pavilion. Un collectif d’artistes de livres, relieurs et fabricants de papiers, appelés Brighton Bound, exposent leurs livres pratiques, leurs blocs à croquis artistiques, dont l’édition est limitée aux livres d’artistes. Les livres d’Helen sont plutôt des livres objets, tel que son calendrier "moulin à eau" (cf photo), sa confection de manuscrits et de messages codés. Ce ne sont pas les genres de livres recherchés pour la lecture mais dans le but de les apprécier matériellement et sensuellement. Son intention est d’exposer la structure de ses livres, afin d'attirer le regard sur l’extérieur, puis l'intérieur. "Tous les livres potentiels reposent sous nos pieds !" "La forme du livre est si vaste," dit-elle avec enthousiasme, "je me promène et ramasse des feuilles, quelques branches - tous les livres potentiels reposent sous nos pieds !" Des feuilles roses et mortes sont étendues sur la fenêtre, des livres-brindilles se développent d’un bureau de travail. "Je suis intriguée par la forme d’un livre," dit-elle, "il peut être si délicat." En feuilletant ses livres, on peut faire le lien entre son passé professionnel en tant que tisserande et sa vocation nouvelle telle que relieuse de livres, dans les fibres de textures et les dessins aux couleurs vives. "Le livre détient un pouvoir si puissant - c’est un trésor - il peut saisir l’inspiration. Nous ne devrions pas le considérer comme allant de soi. Nous devrions lui vouer un honneur plus digne, il demeure un outil interminable. Dans notre univers en expansion, quelque part, des multitudes de livres flottent en l’air et attendent d’être conçu... je les cherche." Il m’est soudainement venu à l’esprit que vous ne pouviez taire la plupart de ses livres et que ça semblait d’ailleurs une belle chose - ils sont ouverts en permanence et mystérieusement vivants. Si vous désirez contacter Helen, vous pouvez envoyer un e-mail à l’adresse Cet article est un copyright © Ross Clifford 1996.
Page créée le 15 novembre 1996, dernièrement remise à jour le 22 décembre 1996 |